Mots en mouvement/Words on the Move L'ATTLC a proposé aux aficionados de se faire la main en traduisant, dans la langue de leur choix, l'un ou l'autre de deux poèmes (de Patrice Desbiens et de Hugh Hazelton) ci-joints, inspirés d'une expérience de voyage. On a fait une lecture publique des traductions soumises le mercredi 4 février 2004 à au café-bistro Les Gâteries, 3443, rue Saint-Denis, Montréal. Suivez les liens ci-dessous pour lire les traductions.
LTAC offered enthusiasts a chance to translate into any language one of two poems (by Patrice Desbiens and Hugh Hazelton) inspired by a travel experience. There was a reading of translations submitted on Wednesday, February 4, 2004 at the café-bistro Les Gâteries, 3443, rue Saint-Denis in Montreal. Follow the links below to read the translations.
Je me souviens d'une station wagon qui coupe la nuit
qui ouvre la nuit du nord comme un couteau de chasse
ouvre sa proie
Nous sommes tous là
ma mère ma sur son mari et ses enfants tous
dans cette voiture c'est
Johnny B. Good Leblanc qui conduit son visage vaguement
éclairé par la lueur du tableau de bord
Je suis le seul des passagers qui ne dort pas tandis
qu'on continue avec un océan de vert meurtri de
chaque côté
Ma sur dort sur le banc d'en avant
la noirceur qui rentre et sort de sa bouche ouverte
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans plis
La nuit est longue et sans Soudainement
quelque chose déchire le tissu quelque chose bouge
là et
le pare-brise devient un écran cinémascope les phares
de Twentieth Century Fox et Gulf Western éclairant
l'animal l'animal l'orignal en plein milieu du chemin
qui fige et
fixe son destin qui roule vers lui à 60 milles à l'heure
Ses yeux ses yeux ses yeux ô dieu son regard jusqu'à
la dernière minute et le choc sourd-muet de fer contre
chair
Et ma sur qui se réveille en criant un grand cri
fou et
final comme si l'âme de l'orignal avait passé dans
elle en
mourant et enfin
le silence
le silence de notre silence dans
le silence entre
Timmins et Toronto.
Patrice Desbiens, Sudbury : Poèmes 1979-1985, Prise de parole, 2000, 147-148.
© Prise de parole 2000.
Avec la permission de Prise de parole, Sudbury (Ontario). Pour plus de renseignements ou pour commander ce livre, communiquez avec l'éditeur par courriel : ou consultez le site Web : http://pdp.info.ca/home.cfm
Traductions du poème de Patrice Desbiens.
Translations of Patrice Desbiens' poem.
Serra do RoncadorSerra do Roncador
I am coming to you
down from the mountains
mist rising in myriad
pillars from the jungle
I am coming to you
on a path through tall, cooling palms
and giant ferns
smelling fresh with rain
I am coming to you
the bridge is washed out
we all get down from the truck
and rebuild it with loose rock
I am coming to you
the driver's helper is chanting to him
"Don't go to sleep, don't go to sleep"
I am coming to you
waiting in a river port
dusty streets and evening poker
with the hotel keeper and his cronies
I am coming to you
on a boat's tin roof
the smokestack deafening
lying staring up at the Amazon sky
next to the carcass of a wild hog
drying in the sun
I am coming to you
five days hitching and on mud-covered buses
watching them chop down the forest
dream thinking, dozing off
I am coming to you
with an aging face and hands of failure
filled with plans and impossible desires
and a battered, resurgent faith
I am coming to you
because you love
and demand justice for others
because you spend hours wading in tidal pools
watching the forms of life
because making love we cease to exist
because you exist
I am coming to you
© Hugh Hazelton 1982, reprinted with permission
Cuzco - Puerto Maldonado - Río Madre de Dios - Porto Velho - Cuiabá - Asunción - Buenos Aires 1977
(Crossing the Chaco, White Dwarf, 1982, a poetic journal written during a two-year trip in Latin America. The book may be republished in a bilingual English-Spanish edition in 2004.)
Traductions du poème de Hugh Hazelton.
Translations of Hugh Hazelton's poem.