Mots en mouvement/Words on the Move

Pour une deuxième année (voir aussi Mots en mouvement 2004), l'ATTLC a proposé aux aficionados de se faire la main en traduisant, dans la langue de leur choix, l'un ou l'autre de deux poèmes de Carole David et de Robyn Sarah, inspirés des joies et des peines de l'amour. On a fait une lecture publique des traductions soumises le mercredi 9 février 2005 à au café-bistro Les Gâteries, 3443, rue Saint-Denis, Montréal. Suivez les liens ci-dessous pour lire les traductions.

For the second time (see also Words on the Move 2004), LTAC offered enthusiasts a chance to translate into any language one of two poems (by Carole David and Robyn Sarah), inspired by the joys and travails of love. There was a reading of translations submitted on Wednesday, February 9, 2005 at the café-bistro Les Gâteries, 3443, rue Saint-Denis in Montreal. Follow the links below to read the translations.

Bouche à bouche
de Carole David

Encore une fois
je marche sur l'eau
même si tout se passe dans un train
où il fait chaud
Je sais qu'en posant le pied par terre
le fleuve va s'ouvrir
tout va s'envoler
tes doigts sur mon cou vont finir par m'étrangler
tes yeux ne me verront plus
Malgré ces prophéties
nous restons dans le train
car il n'y a rien d'autre à faire
que de s'imaginer captifs
pour toujours
Prends-moi pour faire semblant
que nos pieds ne touchent plus le sol
prends-moi sur le sol
prends-moi sur le pont
à la dérive
Tu ne connais pas la force du courant
tu ne sais rien sur mon cri
ma respiration
il faut qu'à chaque fois
tu sortes la tête hors de l'eau
pour venir jusqu'à moi
Imaginons un instant
ce que nous serions devenus
si tu avais consenti
à retenir ton souffle
tu aurais connu l'ivresse des profondeurs et des marées
de petites écailles seraient apparues
autour de ta bouche et des algues
le long de tes veines
Mais il a fallu que tu ouvres les portes du train
de toutes tes forces
nous sommes depuis sortis de la réalité
faut-il que je te le rappelle aujourd'hui

Carole David, Abandons, © 1996, pp. 37-38. Reproduit avec la permission des Éditions les Herbes rouges, Montréal.


Traductions du poème de Carole David.
Translations of Carole David's poem.


Once, Desire
by Robyn Sarah

Once, desire was a soft roaring
between us, like white water,
and we adjusted our voices
to be heard above it
till it seemed to us
that we whispered: as any sound,
heard long enough, becomes silence.

I would like to go back to that time,
when the power was still outside of us
and we were as if asleep, cocooned
in the white rush of it. Unharmed
and unarmed. When we were a
dream of wings. Before this
perilous flying.

Robyn Sarah, The Touchstone, © 1992, p. 16. Reproduced with permission from House of Anansi Press, Toronto.

Traductions du poème de Robyn Sarah.
Translations of Robyn Sarah's poem.