Partensky
Jean-Paul Partensky
(translation of Hugh Hazelton's poem)
Serra do Roncador
Je viens vers toi
descendant des montagnes
brumes s'élevant de la jungle
en une myriade de colonnes
Je viens vers toi
sur un chemin à travers de hauts palmiers dispensateurs de fraîcheur
et des fougères géantes
exhalant un parfum frais sous la pluie
Je viens vers toi
le pont a été emporté
nous descendons tous du camion
pour le rebâtir avec des rochers épars
Je viens vers toi
son aide répète inlassablement au chauffeur :
ne t'endors pas, ne t'endors pas!
Je viens vers toi
j'attends dans un port fluvial
rues poussiéreuses et poker du soir
avec le gérant de l'hôtel et ses copains
Je viens vers toi
couché fixant le ciel amazonien
sur le rouf en fer blanc d'un bateau
près de la carcasse d'un sanglier
qui sèche au soleil
la cheminée fait un bruit assourdissant
Je viens vers toi
cinq jours de stop puis cars couverts de boue
je les regarde abattre la forêt
tantôt rêvant, tantôt somnolant
Je viens vers toi
avec un visage vieillissant et des mains marquées par l'échec
plein de projets et de désirs impossibles à réaliser
et une foi meurtrie qui ressurgit
Je viens vers toi
parce que tu aimes
exigeant que justice soit faite pour autrui
parce que tu passes des heures à patauger dans les bassins laissés par la marée
pour y observer des formes de vie
parce qu'en faisant l'amour nous cessons d'exister
parce que tu existes
Je viens vers toi
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