Depuis une vingtaine d’années environ, les réalités autochtones suscitent de plus en plus d’intérêt
dans la recherche universitaire et dans le grand public. Plusieurs initiatives gouvernementales ont
par ailleurs été mises sur pied pour favoriser la réconciliation et la réparation des torts causés par la
colonisation. À ce titre, mentionnons par exemple la Commission de vérité et réconciliation du Canada
(2007–2015) et, au Québec, la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains
services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès (CERP, également dite « Commission
Viens », 2016–2019). Or, la préservation et la revitalisation des langues autochtones s’inscrivent en
droite ligne de ces objectifs de réconciliation et de réparation. Dans cette même optique, à l’échelle
internationale, les Nations unies ont proclamé 2022-2032 « Décennie internationale des langues
autochtones ». Au Canada, 60 langues autochtones appartenant à 12 familles linguistiques étaient
encore parlées en 2011. On observe toutefois au fil des ans une baisse du nombre des Autochtones
qui maîtrisent suffisamment bien une langue autochtone pour soutenir une conversation, ainsi qu’une
baisse du nombre des Autochtones qui acquièrent une langue autochtone comme première langue
d’usage dans leur enfance.

Dans ce contexte, les mondes de l’édition et de la traduction littéraire pourraient a priori jouer un rôle
de premier plan dans la promotion et la préservation, voire la revitalisation, des langues autochtones au
Canada et au Québec. Le présent rapport s’interroge notamment sur leur apport potentiel.