Par Nicolas Calvé et Arianne Des Rochers

Quand nous sommes devenus co-président·es à l’été 2023, un peu par accident, on ne réalisait pas que l’ATTLC aurait 50 ans pendant notre mandat, trop occupés qu’on était à faire fonctionner l’Association au jour le jour. À bien y repenser, c’est assez formidable d’hériter d’une Association vieille et forte de 50 ans d’histoire! Il y a quelque chose d’à la fois vertigineux et rassurant dans le fait de savoir que l’on marche dans les pas de prédecesseurs aussi visionnaires, dévoués et inspirants, et que l’on poursuit (ou en tout cas c’est ce qu’on espère) la mission qu’ils s’étaient donnée au départ et qui nous a été transmise.

L’Association des traducteurs littéraires, c’est comme ça qu’elle s’appelait à la base, a été formée en 1975 à Montréal, lors d’une convention organisée par Patricia Claxton et Philip Stratford. L’idée leur était venue l’année précédente, lors du mythique regroupement d’une douzaine de personnes à la Stanley House, en Gaspésie, organisé par le Conseil des arts du Canada. Les « traductrices » sont apparues dans le nom de l’Association à la fin des années 1980, et le « Canada », au moment de l’incorporation de l’Association, en 1997.

Au cours de son histoire, l’ATTLC a organisé de nombreux événements d’envergure, œuvré à la création de plusieurs programmes, et multiplié les partenariats avec d’importants acteurs du milieu de l’édition et de la culture afin de promouvoir et de valoriser la traduction littéraire partout au pays. L’ATTLC a aussi été, ces 50 dernières années, un acteur important pour la défense des droits et intérêts des traducteurs littéraires au Canada. C’est grâce à la participation active de l’ATTLC au processus de révision de la Loi canadienne sur le droit d’auteur que la traduction est enfin apparue dans la définition des œuvres littéraires dans la Loi en 1987, et que le Conseil des arts a ajouté un volet « traduction » aux Prix littéraires du Gouverneur général la même année. Dans les années 1980, l’Association a également milité pour que les traducteurs bénéficient du programme de droit du prêt public et partagent moitié/moitié les redevances avec les auteurs. C’est aussi grâce aux pressions de l’ATTLC que les désormais défunts tarifs du Conseil des arts sont graduellement passés, pour les œuvres en prose, de 0,05$ le mot dans les années 1970 à 0,18$ le mot dans les années 2000, jusqu’à l’abolition de ces tarifs l’an dernier. Si ces acquis sont plus ou moins solides aujourd’hui, c’est grâce au travail acharné, dans les coulisses, de nos prédecesseurs.

The fight to safeguard these achievements and our rights in general is far from over. Our founding member and first president, Patricia Claxton, said on the occasion of the Association’s twenty-fifth anniversary: “In the upcoming years we will need to protect the ground we have gained as a profession. The Association exists primarily for this, both directly and through the recognition it promotes with many of its activities. But the Association lives and achieves because it is made of individuals who believe that the time they give and the efforts they devote freely and generously lead to something good for all… It will continue to live and achieve as long as its membership counts people who believe they are doing something of worth together.” 

Her words still ring true today, when new technologies, austerity policies, exclusionary nationalisms, and growing hostility toward intellectuals and artists make literary translation a profession that’s both threatened and more important than ever. What legacy do we want to leave to the literary translators who will be here in fifty years, celebrating the hundredth anniversary of LTAC? And what do we need to accomplish to get there?

A fiftieth anniversary is also an opportunity for renewal, and a chance to look ahead. We’re thrilled to unveil the new LTAC logo, shown here on the screen and featured tonight on various printed materials. As you can see, it’s new and modern, but there’s something retro about it. Like LTAC, the new logo is inspired by the past and fords on into the future. 

De nos deux dernières années à la présidence, nous retenons ceci : l’ATTLC a été là avant nous, et le sera bien après. Notre Association, c’est une aventure qu’une génération passe à la suivante, un rêve collectif qui se poursuit et se transforme, des combats qui se renouvellent, un amour commun pour la littérature, une maudite belle gang tissée serrée qui s’étend sur un vaste territoire. Nous faisons beaucoup avec peu, et nous compensons le manque de ressources avec notre énergie et notre volonté inarrêtables. L’ATTLC, c’est beaucoup de joies, de réussites, de magie, de rires, de belles rencontres, de conversations stimulantes ; c’est aussi parfois des défis, des conflits, des échecs, des crises, des faux pas. L’ATTLC est tout ça à la fois, parce qu’elle est fondamentalement humaine, et c’est ce qui en fait sa beauté et sa richesse.

Nous avons quelques remerciements à faire. L’ATTLC n’existerait pas aujourd’hui, en tout cas pas sous sa forme actuelle, sans le soutien financier du Conseil des arts du Canada. Nous tenons également à remercier nos précieux membres qui, en renouvelant leur adhésion chaque année, soutiennent notre organisation dans le travail qu’elle a entamé il y a 50 ans. Au-delà de leur appui financier, nos membres nous nourrissent, nous stimulent et nous inspirent en publiant des traductions merveilleuses, en prenant part à des événements, et en s’impliquant dans les rangs de l’Association. Nos membres sont l’âme de l’ATTLC, et pour cela, nous les remercions.

Special thanks to our former presidents, who handed down quite a torch throughout the years, in a role that is both inspiring and demanding, until it came into our hands in 2023: Patricia Claxton, Michel Beaulieu, Ray Ellenwood, David Homel, Robert Paquin, Sherry Simon, Michael Buttiens, Jane Brierley, Beatriz Hausner (three times!), Charlotte Melançon, Howard Scott, Margarita Feliciano, Phyllis Aronoff, Jo-Anne Elder, Nicola Danby, Madeleine Stratford, and Bilal Hashmi. We would also like to thank all past, present, and future members of the LTAC board of directors, as well as everyone who has given their time to the Association over the past fifty years: thank you for your dedication and for your generosity. 

Enfin, nous tenons à remercier nos partenaires et collaborateurices qui ont rendu possibles ce gala et ses multiples surprises : merci au MAi pour l’accueil et la technique, aux Petites-Mains pour le buffet, à la librairie Bertrand pour le kiosque de livres en traduction, à Lida Nosrati pour la collaboration avec ellipse, à Luckensy Odigé pour la conception graphique, et à Hélène Bughin pour les photos. Nous remercions aussi du fond du cœur le comité d’organisation du gala du 50e, composé de Salomé Landry Orvoine, Jeannot Clair, Katia Grubisic, Pablo Strauss et Arianne Des Rochers. Ils et elles ont travaillé très, très fort, et nous espérons que vous profiterez de la soirée qu’ils ont préparée pour vous.

Finally, thanks to all of you for being here. It’s a privilege to spend the evening in such great company, as we wish our dear Association a happy birthday. Thank you, and enjoy the evening!

© Picture : Hélène Bughin